Traduction de l’arabe vers le français*
Réaffectation de la plupart des anciens chefs de conseils locaux de la région d’Afrine à la tête des municipalités, en plus du maintien de la plupart de leurs membres et employés, à l’instar de l’intégration de la plupart des membres de l’ancienne milice de la “Police militaire” et d’autres hommes armés dans l’appareil de sécurité générale. Ces structures affiliées à l’occupation turque de l’occupation turque, s’inscrivent dans un plan visant à relier les institutions de la région à la province d’Alep, alors que la milice de la “Police civile” et les différentes branches de sécurité continuent de fonctionner au sein des restes des milices de la soi-disant “Armée nationale syrienne”, en lien avec les services de renseignement turcs qui contrôlent toujours le dossier sécuritaire. De même, la présence des bases militaires turques et l’interdiction faite aux habitants de cinq villages de rentrer chez eux à cause de celles-ci perdurent. Le gouvernorat turc de Hatay n’a pas non plus renoncé à l’administration officielle de la région depuis 2018. Ces faits flagrants démontrent la poursuite de l’occupation de la région par la Turquie, et son obstruction à la mise en œuvre de l’accord Char’a – ‘Abdi et à la création d’un environnement sûr pour le retour de ses déplacés.”
Voici les faits concernant la situation actuelle:
= Civil blessé par balle:
Hier soir, vendredi 01/08/2025, un étranger originaire de la ville d’Abou al-Zhur, dans la campagne du sud-est d’Idlib, nommé « Mazen al-Ma’hmoud », selon des médias locaux, a tiré sur le citoyen « Guivara A’hmad ‘Hassan, âgé de 30 ans », habitant du village de « Juqiya/Jwaiq », affilié au centre d’Afrine, dans son épicerie. Il a subi de graves blessures, notamment à la jambe droite, qui ont nécessité son transfert à l’hôpital syrien spécialisé d’Afrine. La fusillade a eu lieu après que Guivara a exigé le paiement des dettes accumulées par Mazen pour son épicerie et son refus de continuer à lui vendre à crédit. L’agresseur a ensuite pris la fuite.
= Agression contre des civils:

– Le 08/07/2025, alors qu’il vidait un réservoir d’eau fixé à son tracteur agricole dans une maison située derrière le bâtiment du commandement de la police dans la ville de Rajo, le chauffeur Zakarya ‘Ali ‘Hamki, âgé de 28 ans, originaire du village d’’Atmana, district de Rajo, a été violemment battu et des balles ont été tiré à sa proximité par trois jeunes hommes armés recrutés. Il a subi plusieurs fractures aux côtes et des contusions sur tout le corps, le tout sous un prétexte fallacieux, sans que les agresseurs soient poursuivis ni arrêtés.
– Le soir du 10/07/2025, alors qu’il revenait de son terrain situé près de «la source Batman» – Rivière Noire, près du carrefour du village de « Kamrich » sur la route de Rajo, trois hommes armés masqués, vêtus d’uniformes de la Sécurité publique et circulant à moto, ont intercepté le citoyen « Mu’hamad Chékhmus Youssef âgé de 40 ans » du village d’« ‘Atmana » – district de Rajo. Ils ont tiré des balles de kalachnikov entre ses jambes, l’ont arrêté et roué de coups, lui ont volé sa moto, un téléphone portable et une somme d’argent, puis ont pris la fuite. La victime a déposé plainte auprès de la Sécurité publique, sans succès.
– Dans la nuit du 12/07/2025, deux voleurs sont entrés au domicile du citoyen Mu’hamad Qadib al-Ban bin ‘Ali, âgé de 30 ans, dans la ville de Rajo. ‘ce dernier dormait à côté de son frère et de sa sœur. Mu’hamad s’est réveillé et a lutté contre les voleurs, souffrant d’une blessure au bras et de contusions sur tout le corps, jusqu’à leur fuite.
– Le 13/07/2025, des recrues de la Brigade Sultan Suléman Chah ont insulté et battu Rachid Mu’hamad Tjolaq, un homme âgé de 60 ans, dans la ville de Chieh/Chékh al ‘Hadid. Car Rachid a exigé le paiement des dettes impayées de son épicerie par l’un d’eux, qui refusait de payer.
– Le soir du 22/07/2025, près du carrefour du village d’’Altania, alors qu’il revenait du village voisin de Blilko vers son village de Mamala, dans le district de Rajo, des hommes armés, vêtus d’uniformes de la sécurité publique et circulant à moto, ont interpellé le citoyen Ma’hmoud ‘Ali Isma’il âgé de 45 ans, après avoir ouvert le feu à sa proximité. Ils l’ont forcé, ainsi que son enfant, à pénétrer dans une forêt. Ils l’ont ligoté et roué de coups, lui ont volé sa moto, un téléphone portable et une somme d’argent, avant de prendre la fuite.
– Le soir du 24/07/2025, deux hommes armés, se faisant passer pour des agents de la sécurité publique et circulant à moto, ont interpellé le jeune homme Nizar Mu’hamad I’hmo, âgé de 20 ans, du village de Jaqmaqa – district de Rajo, entre les carrefours des villages de Taqmaqa-Tjanjalya, alors qu’il se rendait dans un vignoble pour le surveiller. Ils ont tiré des balles à sa proximité et l’ont atteint à coups de crosse de fusil. Ils lui ont volé sa moto, un fusil de chasse, un téléphone portable et une somme d’argent, puis ont pris la fuite.
= Les habitants de cinq villages restent déplacés:
Ces deux derniers jours, une pétition, dont nous avons vérifié l’authenticité, a circulé sur les réseaux sociaux le 13/07/2025 au nom de « Mukhtar (maire) du village de Basleh – Mu’hamad ‘Hassan Muqdad », un habitant de la ville d’Afrine. La pétition s’adresse aux personnes concernées et à celles qui peuvent nous aider. Elle détaille les souffrances des habitants du village déplacés depuis début 2018, toujours dispersés entre les villages environnants et les villes d’Afrine, d’Alep et d’ailleurs en raison de la présence de l’armée turque. Ils ont été empêchés à plusieurs reprises d’entrer dans le village, tandis que des moutons paissent injustement sur leurs terres. Ils souffrent de la pauvreté et du manque de logements et d’abris.

Le village est victime de destructions, de vandalisme, de monticules de terre et de mines terrestres. Le Mukhtar (le maire) a appelé à une solution pour assurer le retour des habitants du village et le déminage du village et de ses terres.
Le 01/08/2025, le directeur des médias de l’actuelle administration de la région d’Afrine a déclaré: « Depuis sept ans, les habitants des villages de Basleh, Tjieh, Dérwich et Chékhorzeh Fawqani (haute) n’ont pas pu rentrer chez eux en raison de la présence de bases turques. Ces villages sont restés fermés à leurs habitants malgré des demandes répétées. Aujourd’hui, sous la supervision directe du directeur de la région, Monsieur Mass’oud Battal, nous confirmons que ce problème est en cours de résolution et, si Dieu le veut, les habitants retourneront bientôt dans leurs villages.»
Bien que nous ayons publié des dizaines de rapports sur cette situation au cours des sept dernières années, l’armée turque a complètement déplacé les habitants de cinq villages depuis leur occupation en mars 2018 et continue d’empêcher leur retour à ce jour. Ces villages sont: Basleh/Bassa’haya, Jlbr et ses fermes affiliées au mont Léloun, Dérwich et Tjieh/Jabaliya dans le district de Rajo, et Chékhorzeh Fawqani (haute) dans le district de Blbleh. Cette opération est considérée comme un crime contre l’humanité et une grave violation du droit international humanitaire.
= Arrestations arbitraires:
En juin dernier, plusieurs détenus d’Afrine, victimes de disparitions forcées, Pendant plus de sept ans dans les prisons de l’occupation turque, sont sortie, soit en s’évadant avec d’autres des prisons des villes d’Al-Ra’i et de Mar’e après avoir été pris d’assaut par des groupes armés et certains habitants après la chute du régime d’Assad, soit après avoir été traduits en justice formelle qui a clos leurs dossiers, soit après la fin de leurs peines dans les prisons turques, parmi eux « Nawaf Walid ‘Alou âgé de 35 ans, originaire du village de Deumlyah – district e Rajo, Doghan Murad Isma’il âgé de 30 ans du village de ‘Habo – district de Mabata / Ma’batli, Isma’il Mu’hamad ‘Hamracho âgé de 27 ans du village de Kakhreh – district de Mabata / Ma’batli, Bakr ‘Abdine ‘Habach âge de 35 ans de la ville de Ba’dina – district de Rajo.
Cependant, le sort de dizaines, voire de centaines d’autres – aucune statistique précise n’est disponible – reste inconnu. Il s’agit notamment de : ‘Ahmad Ma’hmoud ‘Hamo/Abou Jabal, âgé de 40 ans, du village de Deumlyah – district de Rajo ; Khalil ‘Abdine ‘Habach, âgé de 45 ans, de la ville de Ba’dina – district de Rajo ; Fawzi ‘Hamid ‘Hamza, né en 1976, du village de Golya Ta’htani- district de Rajo ; ‘Hamza Ch’aaban Ibrahim, né en 1992, et sa sœur, Assya, née en 2002, du village de Khlalka – district de Blbleh ; ‘A’hmad Chékho bin Saydo, âgé de 28 ans, du village de Kila – district de Blbleh ; Nouri Ibrahim Jabo, âgé de 43 ans, du village de Qara-Gol – district de Blbleh ; et Riyad ‘Arif Jabo, âgé de 45 ans, du village de Kakhreh -district de Mabata-Ma’batli.

Il y a toujours des détenus kurdes à la prison centrale de Marateh à Afrine, accusés d’avoir des liens avec le « parti », le Parti de l’union démocratique (PYD). Parmi eux figurent Mu’hamad A’hmad Sayd et Mu’hamad Mustafa Binafcheh, originaires de la ville de Jalameh – district de Jenderes, et ‘Adnan ‘Abdul-Ra’hman, originaire du village de Kafar-Ziteh – district de Markaz « Centre ».
D’autres, notamment des personnes déplacées d’Afrine, ont été arrêtées lors de l’invasion de la région d’al-Chahbaa, dans la campagne du nord d’Alep, ou à leur retour dans la région, par les milices de la soi-disant « Armée nationale syrienne ». Ils ont été emmenés dans les prisons d’’Azaz, de Mare’ et d’al-Ra’i, et leur sort demeure inconnu.
Le 09/07/2025, une patrouille des services de renseignement turcs et la milice « Police civile Politique de Ma’batli» ont arrêté le citoyen « ‘Haydar Sido Bin Bakr, âgé de 63 ans », à son domicile du village de « Chekhutka », ainsi que son fils, qui a été libéré quatre jours plus tard. ‘Haydar est toujours détenu arbitrairement, après avoir été arrêté précédemment.
Le 09/07/ 2025, la Sûreté générale a arrêté le citoyen « ‘Hussén Isma’il A’hmad », âgé de 48 ans, du village de « Mamla » district de (Rajo), et l’a remis aux derniers éléments restants de la milice de la « Police militaire », liée aux services de renseignements turcs. Il a été libéré après avoir quitté la prison de Mare’ lors de son assaut par ses habitants après la chute du régime. Il y était détenu depuis plus d’un an et demi après avoir été expulsé de Turquie avec sa famille. Il est toujours détenu arbitrairement.
= Incendies de forêt:
Résultant de l’accumulation d’arbres forestiers denses abattus par les milices d’occupation turques les années précédentes, dans l’après-midi. Le 23/07/2025, un incendie majeur s’est déclaré dans une forêt entre les villages d’Arandeh et de Trmoucha, dans le district de Chieh/Chékh al-‘Hadid, consumant une vaste zone. La Défense civile syrienne a confirmé que ses équipes, en coopération avec des militants et des habitants locaux, ont pu éteindre l’incendie après 18 heures de travail.

La Défense civile syrienne a également confirmé que, le 20/07/2025, ses équipes ont éteint un feu de forêt sur la montagne du village de ‘Hajj ‘Hassna, dans le district de Jenderes.
= Autres violations:
– Une dizaine de familles appartenant aux restes de la milice de l’« Armée d’élite » se trouvent dans le village de Chékhutka – district de Mabata/M’abatli. Elles refusent de retourner dans leurs zones d’origine, s’abstiennent de restituer les maisons des familles revenues et provoquent les villageois, déclarant ouvertement qu’elles partiront après avoir profité de la prochaine saison des olives. Parmi elles se trouve le soi-disant « colonel Abou Jum’aa ».
– Récemment, avant le départ de plusieurs familles des recrues rapatriées à leurs régions d’origine, ont pillé et volé l’intégralité des biens dans les maisons des citoyens ‘Hanif Mu’hamad Kurdi, ‘Hanif Horo, Wa’hid Mu’hamad ‘Umar et Khalil ‘Umar, dans le village de M’amla – district de Rajo, occupé depuis 2018.
– Le 24/07/2025, un groupe armé a volé un générateur électrique au domicile du Docteur ‘Adel Zainal, dans le village de Tlfeh, affilié au Centre d’Afrine.
Le fait de ne pas libérer les prisonniers politiques et ceux accusés de liens avec l’ancienne administration autonome, et de ne pas révéler le sort des habitants d’Afrine disparus de force depuis plus de sept ans, est en contradiction avec ce que l’autorité de la période de transition a fait pour d’autres prisons et avec sa déclaration d’ouvrir une nouvelle page nationale. Cela constitue une violation grave du droit international humanitaire.
Le 02.08.2025
Bureau des médias – Afrine
Parti de l’Union Démocratique Kurde en Syrie (Yekîtî)
——————
Les photos:
– Personnes agressées: Zakarya ‘Ali ‘Hamki, Mu’hamad Chékhmus Youssef, Mu’hamad Qadib al-Ban bin ‘Ali, Rachid Mu’hamad Julaq, Ma’hmoud ‘Ali Isma’il, Nizar Mu’hamad I’hmo.
– Pétition du chef du village de “Basleh”, Mu’hamad ‘Hassan Muqdad.
– Détenus dont le sort est inconnu: « A’hmad Ma’hmoud ‘Hamo, Khalil ‘Abdine ‘Habach, Fawzi ‘Hamid ‘Hamza, ‘Hamza Ch’aban Ibrahim, Assya Ch’aban Ibrahim, A’hmad Chékho bin Sido, Nouri Ibrahim Jabo, Riyad ‘Aref Jabo.»
– Un incendie de forêt dans la montagne du village de « Arandeh » dans le district de Chieh/Chékh al-‘Hadid.
—————
* Traduit de l’arabe par l’Organisation européenne du Parti de l’unité démocratique kurde en Syrie (Yekiti)
—————-
Vous pouvez télécharger le dossier complet en cliquant ici :